Saint- Pierre et mouillages alentours

Classé dans : Carnet 2019, Escales, Martinique | 0

A 12 milles au nord de Fort de France, à notre premier passage en 2018, nous avons fait une halte prolongée dans la belle ville de Saint Pierre qui s’est reconstruite autour de ses ruines après l’éruption de la Montagne Pelée,  ville attachante qui donne envie de partir à la découverte de son histoire et de ses vestiges.

De loin, on aperçoit la Montagne Pelée, souvent coiffée de son chapeau de nuages, qui se dresse vers le ciel et la ville de Saint Pierre, à ses pieds. En arrivant dans la rade et en longeant la côte, Saint Pierre nous offre une belle vue avec ses maisons  alignées d’où émerge la cathédrale imposante reconstruite…et encore en travaux.

Pour cette première halte, nous mouillons au nord de la rade, après le ponton des navettes, en bordure de la zone interdite de mouillage, où gisent de nombreuses épaves, traces maritimes de l’éruption du 8 mai 1902 qui a anéanti Saint Pierre. A l’époque c’était la capitale de la Martinique, florissante, sur le plan économique et culturel. Une nuée ardente l’a rayée de la carte, en quelques minutes avec toute sa population , en dehors du célèbre Cypranis, seul survivant « à l’abri » dans un cachot de la prison et a anéanti la flotte, au mouillage dans la rade… là encore en-dehors d’un seul bateau,  Le Belem, le dernier trois-mât français, sauvé car le bateau Tamaya avait pris sa place dans la rade!

Les fonds sont profonds mais remontent en avançant vers la plage et on mouille dans des fonds de 7 mètres qui sont de très bonne tenue.

Pour nous, impossible de plonger sur les épaves en apnée… bien trop profonde mais nous plongeons sur les statues du sculpteur Laurent Valère Manman Dlo*, immense statue immergée (la plus grande sculpture sous marine de la planète 25 tonnes) près de la plage dans 6 à 9 mètres, signalée par une bouée jaune. Manman Dlo, sirène semble vous regarder et vous « appeler» depuis le fond. Sur le même lieu, une autre statue a été immergée en 2008, Yemaya, sirène qui semble protéger tous les petits poissons qui ont trouvé refuge dans ses bras. C’est une plongée sympa avec petit à petit des poissons qui élisent domicile auprès de ces statues sirènes, bel hommage à la mer. (Vidéo de la plongée en bas de page)

* Manman Dlo, personnage de légendes traditionnelles

Littéralement la « mère des eaux » est l’équivalent de Simbi, Yémanja, yemaya, Mamy wata dans les mythologies africaines. C’est la sirène locale qui exige des hommes, séduits par sa beauté et son chant, des tâches avilissantes (lui gratter le dos, ramasser un peigne, démêler sa chevelure…).
S’il ne répond pas à sa demande, elle fait chavirer sa barque pour l’entrainer dans les flots et le noyer. On la retrouve souvent dans les contes. En Martinique au fond de la mer dans la baie de Saint-Pierre, une sculpture la représente en hommage à la mer.

http://blakes.fr/mythes-legendes-et-croyances-traditionnelles-des-antilles-guyane/

C’est le mois de mai, nous sommes en pleine festivités à Saint Pierre, commémoration de l’anniversaire de l’éruption de 1902, fête rasta avec concerts et marchés et commémoration de l’abolition de l’esclavage (22 mai 1848). L’occasion au cours de ces festivités de voir nos premières régates de yoles martiniquaises, impressionnant! Très toilées, elles demandent vraiment une grande habitude, prêtes à chavirer à la moindre erreur.

Nous passerons une dizaine de jours à Saint Pierre pour découvrir cette ville attachante actuelle et son histoire en visitant le musée, l’ancien théâtre, la cathédrale ou en se baladant à la découverte à chaque coin de rue, d’une ancienne maison ou de ruines, qui sont les traces de cette éruption et de ce passé.

Anse LATOUCHE

Au bout de quelques jours où nous avons bien profité de Saint Pierre, nous mouillons Anse Latouche, au sud de Saint Pierre, un peu plus sauvage… avec juste derrière la plage, le zoo de Martinique. En avril 2018, nous avions visité le zoo par la terre avec notre fils Joël, Sitti et Mia… un magnifique parc dans l’ancienne Habitation Latouche, détruite au cours d’éruption de la Montagne Pélée en 1902.

Un an après, quel plaisir incongru de se rendre au zoo “presque” en bateau! Nous posons notre ancre devant la plage et avec notre fille Carole, nous sautons dans l’annexe, hop, une fois la route traversée, nous voilà au zoo!

Anse TURIN

Si nous ne pouvons pas plonger sur les épaves devant Saint Pierre, qu’à cela ne tienne, nous nous déplaçons dans l’anse Turin pour plonger sur l’épave AMELIE qui nous a été signalée par le club de plongée, comme la seule accessible en apnée, entre 5 à 10m. On la repère grâce au balisage par 4 bouées jaunes. C’était un 3 mâts de commerce qui faisait la liaison transatlantique Marseille – Petites Antilles. L’épave est très disloquée mais c’est une très jolie plongée avec une flore et une faune très riche.

Toutes ces épaves dans la baie ont créé un véritable sanctuaire marin… dont malheureusement, nous ne pouvons pas profiter pleinement, nécessitant de plonger en bouteilles…vu la profondeur! Mais la plongée sur l’Amélie nous a ravis!

Vidéo sur les sculptures de Laurent Valère ci-dessous et sur l’épave L’Amélie. Si vous avez du mal à la visionner, vous pouvez la retrouver en suivant également ce lien: Vidéo Plongées Saint Pierre


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