Bilan Transat

Il est vrai que nous naviguons beaucoup et depuis longtemps mais nous avons toujours à apprendre et cette transat fut riche en expériences.

Vu la date, nous serons dans les derniers à quitter Mindelo, le 2 avril… cap sur la Martinique. L’avitaillement est terminé, du frais (légumes, poissons, viande et même cachupa!) aux conserves…tout est rangé! Les réservoirs d’eau sont pleins (750 litres), complétés par des bidons ( 25 litres) et de l’eau minérale ( au cas où…). Les pleins de gas-oil ( 400 litres) sont également faits juste avant de partir.

Le 2 avril, dernier petit repas sur le marché à Mindelo et nous larguons les amarres avec Michèle, Joël, le fiston et Michel, un ami…un équipage au top!

J’avais bien préparé le bateau avant la traversée comme toujours mais je n’avais pas réalisé que celle-là qui s’est pourtant faite avec une météo clémente et en un temps correct allait « user » Taoumé.

Des conditions sympas de 15 à 25 noeuds au portant avec toutefois une mer inconfortable avec des vagues croisées en plus de la longue houle. En effet, s’est surajoutée à la houle, une mer forte qui nous a bien secoués, conséquence des dépressions qui se sont succédées, à cette période (avril 2018) sur l’Atlantique Nord.

La première victime fut notre pauvre spi. Un spi léger, réformé des Glénans (c’est dire!) patché et rafistolé tout partout mais dont le petit prix semblait correspondre au petit usage que nous en faisons. Bref! Une fois bien établi, bien réglé… les coutures n’ont pas résisté à une brise forcissant. Il a regagné la soute pour le restant de la traversée et fut remplacé selon les conditions de vent par gennaker et génois en ciseaux avec de beaux surfs et des conditions de barre très agréables.

barre e secours

 

Mon système de barres hydrauliques a quelques micro-fuites sur les vérins, ce qui n’est pas un vrai problème en tant normal, le vase d’expansion permettant d’y remédier.

barre de secours

 

 

 

 

Mais avec cette mer croisée au portant, le fonctionnement incessant du système a accru le problème. Nous l’avons réglé en shuntant le circuit « inter-vérins » ( ou inter-barres) à l’aide des deux barres franches reliées par le tube ad-hoc.

 

montée au mât

 

La tête de mat, bien sollicitée également par les mouvements du bateau et les chocs dans les vagues a un peu souffert. Le feu de mât, combiné mouillage et route, s’est brisé en deux. Il m’a fallu monter en tête de mât pour sécuriser le tout a l’aide de colliers plastiques.

girouette

 

 

Quelques jours plus tard, notre girouette électronique, que j’avais rehaussée pour ne pas subir l’influence du feu de mât, a rompu la tige de réhausse au niveau d’un rivet. Elle pendait donc au bout de son cable, battant contre le mât telle une cloche. C’était de nuit par grosse mer et j’ai différé l’ascension au lendemain… mais au matin, plus besoin de grimper, elle avait repris sa liberté. J’ai bidouillé une girouette « mécanique » suffisante pour finir le trajet sans un seul empannage non contrôlé.

 

Le reste a tenu bon malgré quelques points d’usure sur les voiles et les bouts, patchés décalés ou remplacés selon besoin.

J’ai bien réalisé que 2150 milles, 13 journées de navigation 24 h/24 soutenue sous la même allure et quasiment la même amure soumettait le bateau à des contraintes et une usure très importante.

Impressionnant également le bruit généré par cette mer forte lorsqu’elle se retrouve piégée entre les deux coques.

Durant toute la traversée, nous levions bien le pied surtout la nuit pour préserver le matériel et l’équipage. Ralentir Taoumé la nuit permettait au barreur d’être plus serein et à l’équipage au repos de pouvoir dormir dans un cadre plus paisible (moins secoués, de bruit et de chocs violents sur les coques). Mais il est vrai, qu’en journée, la « compétition » entre barreurs a donné lieu à quelques envolées tonitruantes.

Au niveau communication, nous n’avions pas d’Iridium mais nous avions un Garmin In Reach qui nous a permis d’avoir des points météo: voir notre avis sur article bilan communication.

Petit bilan pêche: nul… Passés les trois premiers jours (où nous n’avions pas mis la canne, vu que nous avions encore du frais à bord), il nous a été impossible de mettre les cannes du fait de l’importance des sargasses qui s’accrochaient aux lignes. Heureusement, que cela n’était qu’un complément et que Michèle avait fait des conserves avant de partir! Mais quel dommage!

Belle traversée en tout cas, bel équipage et super ambiance à bord… de belles images et plein d’émotion! On s’est même débrouillés de prendre quelques kilos au passage, les bons plats de Michèle étant accueillis avec enthousiasme.

arrivée Martinique

 

A l’arrivée, comme il se doit un dernier apéro au coucher du soleil pour fêter ça et ouverture du sac de survie pour grignoter toutes les petites douceurs très énergétiques (cela rappellera à nos enfants bien des souvenirs de traversée!)

 

 

 

Nous posons la pioche de nuit à l’anse Caritan et attendons avec impatience le lever du soleil pour découvrir la MARTINIQUE! En attendant, un gros dodo sans quart de nuit (quoique on ne va pas se plaindre, à 4, c’était génial, un seul dans la nuit).

 

 

2 Responses

  1. grenoux

    Bravo !!! Une belle traversée qui nous encourage à poursuivre notre préparation….Meilleurs souvenirs de Goulebenèze.
    Amitiés,
    JJG

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